Le débat est vif aux Nations Unies. Les membres de l'ONU ont encore une fois tenté d'obtenir un consensus sur le clonage humain, sans succès. Le projet de convention internationale pour interdire cette pratique s'est buté aux divergences des participants, lors des discussions de la Sixième commission de l'Assemblée générale, jeudi et vendredi dernier.

Deux camps s'affrontent. La proposition du Costa Rica souhaite interdire tout clonage humain, que ce soit à des fins reproductives ou thérapeutiques. Environ 60 pays la soutiennent, dont les États-Unis. Pour défendre leur choix, les délégués ont invoqué la peur du trafic d'embryons et de l'exploitation des femmes pour leurs ovules dans les pays plus pauvres, ainsi que des problèmes religieux et moraux. « Le clonage serait un affront à la dignité humaine qui ne peut être toléré » a déclaré la représentante des États-Unis, Susan Moore, lors des débats. Contre la manipulation des embryons, l'Italie préfère soutenir d'autres voies de recherche : « L'utilisation de cellules souches adultes a récemment prouvé leur efficacité dans le combat contre de nombreuses maladies » a insisté son délégué, Marcello Spatafora.

La Belgique et 20 autres nations, dont le Japon et la Suède, veulent autoriser le clonage thérapeutique uniquement - produire des cellules souches à partir d'un embryon afin d'aider la recherche sur des maladies comme le diabète ou la maladie d'Alzheimer, par exemple. À ce niveau, chaque pays serait alors responsable de choisir sa propre législation. « La recherche du savoir doit être aidée, et non pas entravée ou interdite » a affirmé Anders Liden, le représentant de la Suède.

Plusieurs délégations ont par ailleurs regretté l'absence de consensus car les développements dans ce domaine rendent urgente une décision internationale. Des scientifiques de la Corée du Sud ont réussi en début d'année un clonage thérapeutique de cellules humaines, cette pratique est déjà légale en Grande-Bretagne, et des chercheurs de l'Université Harvard, aux États-Unis, viennent de demander des autorisations pour cloner des embryons à des fins thérapeutiques. Beaucoup espèrent que cette question controversée sera remise à l'ordre du jour après les élections américaines du 2 novembre prochain.
 

Isabelle Masingue