Russie 

Le gaz utilisé le week end dernier, à Moscou, pour libérer les 800 otages des rebelles tchéchénes, est du triméthyl fentanyl, un opiacé de la même famille que la morphine et l'héroïne. Ses effets sont plusieurs centaines de fois plus puissants que ceux de l'héroïne. Il est généralement utilisé comme anesthésiant ou anti-douleur. A hautes concentrations, le fentanyl peut causer des somnolences, des nausées, des vomissements, des difficultés à avaler, une rigidité musculaire, des hallucinations, une insuffisance respiratoire et une hypotension. Il va jusqu'à entraîner la mort.

L'hypothèse du fentanyl est confirmée par le fait que les ambulanciers, dépêchés sur place, ont reçu l'ordre d'administrer aux victimes de la naloxone, une molécule qui traite les insuffisances respiratoires, les suites d'anesthésie chirurgicales et les conséquences d'intoxication par des dérivés de la morphine ou de l'alcool.

La libération de gaz, qui a mis fin à la prise d'otages, a tué 113 personnes. Sur les 117 otages, quatre ont succombé de blessures par balle, selon le procureur de Moscou. Quant aux survivants, 310 sont toujours hospitalisés et une trentaine d'entre eux sont aux soins intensifs.

La nature de ce gaz n'a pas été révélée par les autorités russes, qui gardent toujours le silence, mais par l'ambassade américaine à Moscou.

Pourquoi les forces de sécurité russes ont-elles employé une telle substance connue pour entraîner, à trop fortes doses, le coma et la mort ? C'est la question que se posent actuellement les familles des victimes. Celles-ci redoutent de voir le nombre de décès s'accroître et que les survivants ne gardent des séquelles à long terme. Les autorités russes affirment qu'elles n'avaient pas d'autre choix que d'utiliser de fortes concentrations de gaz. Selon elles, il fallait agir vite pour éviter que les terroristes ne se servent de leurs explosifs. 

Aurélie Deléglise