États-Unis 

Vous craignez les virus informatiques? Alors, gare aux virus téléphoniques. David Chess, un spécialiste des virus de la firme IBM, prédit dans la revue New Scientist que les téléphones mobiles constitueront bientôt une terre de prédilection pour les pirates. Comme ils sont fortement reliés entre eux, les virus sont susceptibles de s'y répandre comme une traînée de poudre. Et les dégâts pourraient être importants : conversations enregistrées et redirigées vers d'autres personnes, porte-monnaie électroniques vidés, énorme factures d'appels interurbains.

Pour le moment, les téléphones sont à l'abri de ce type d'attaques. Mais la prochaine génération d'appareils, capables par exemple de signaler automatiquement un numéro de téléphone tout juste reçu par courrier électronique, sera vulnérable. Ces appareils seront programmables, ce qui permettra d'améliorer leurs fonctionnalités sans avoir à les changer, mais permettra aussi d'ajouter des fonctions nuisibles – les virus.

Comment les concepteurs de ces nouveaux appareils peuvent-ils les protéger contre cette menace? Une option serait de faire en sorte qu'ils ne soient pas reprogrammables, en mettant les logiciels sur des puces de mémoire morte (non-modifiable), par exemple. Les virus ne pourraient donc pas s'y installer. Mais les manufacturiers tiennent beaucoup à ces futurs appareils programmables. Et de plus, les données des utilisateurs – la liste de numéro de téléphone, notamment – ne peuvent pas être enregistrées en mémoire morte, ce qui les laisse vulnérables.

Une autre possibilité serait de faire en sorte que les diverses fonctionnalités des appareils ne puissent pas se mettre en marche les unes les autres. Sans possibilité de téléphoner, le virus serait incapable de se propager vers d'autres appareils, de détruire des fichiers ou de vider un porte-monnaie électronique. Mais cette restriction ferait en sorte que le téléphone ne serait pas non plus capable de signaler à partir d'un numéro reçu dans un courrier électronique, une fonctionnalité que les utilisateurs désirent fortement avoir. 

Philippe Gauthier