États-Unis 

Des chercheurs américains viennent de développer une nouvelle théorie expliquant certains mots dont on ne parvient pas immédiatement à se souvenir restent « sur le bout de la langue ». Le phénomène, qui intrigue les psychologues depuis des décennies, était jusqu'ici attribué à une sorte de blocage, des mots ou des sons semblables empêchant de trouver le chemin vers le bon mot. On croit maintenant qu'il est causé par des liens trop faibles entre diverses zones de notre mémoire.

L'étude, dirigée par Lori E. James, de l'Université de la Californie à Los Angeles, a été publiée par le Journal of Experimental Psychology : Learning, Memory and Cognition.. Elle a consisté à poser à 108 personnes une série de 108 questions conçues pour provoquer des situations de « bout de la langue ». Par exemple : « Quel mot signifie : renoncer officiellement au trône? ».



Un premier groupe, à qui l'on posait la question sans préparation, trouvait plus ou moins facilement la réponse : abdiquer. Un second groupe, à qui l'on faisait d'abord lire une liste de dix mots présentant une similitude de son avec le mot cherché (abstrait, par exemple, rappelle abdiquer), trouvaient plus facilement la réponse. Et ceux à qui on faisait d'abord lire des mots sans relation avec la réponse avaient plus de mal à la trouver.

Les chercheurs pensent que la production rapide du langage dépend de la force des relations dans un réseau qui tient autant compte du sens des mots que de leur sonorité. Les personnes qui n'utilisent pas des mots régulièrement ou qui sont plus âgées perdent une partie de leur aptitude à trouver rapidement le mot juste. Le fait de préparer la réponse à l'aide de mots aux sons semblables augmente le nombre de réponses rapides chez tous les groupes d'âge, mais les vieux continuent à avoir plus de mal que les jeunes.

À part rester jeune éternellement, comment peut-on éviter d'avoir trop de mots sur le bout de la langue? Les psychologues suggèrent de toujours continuer à utiliser toutes les formes du langage. Il fait parler, lire, faire des mots croisés... Toutes ces activités renforcent les liens entre les mots et permettent de continuer à s'en servir, même à un âge avancé. 

Philippe Gauthier