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Préserver les océans et les stocks de poissons passe par la lutte contre la pauvreté et la faim dans les pays en voie de développement. « Des millions de personnes dépendent de la pêche pour leur nourriture et leur emploi, dans les pays les plus pauvres du monde » a déclaré Kevern Cochrane au 4ème Congrès mondial des pêches à Vancouver, où il présentait un rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Le commerce de poisson des pays en développement est aujourd'hui de 17,7 milliards de dollars en revenus nets, selon la FAO. Plus que le revenu de leurs exportations de thé, riz, cacao et café. Pour ces populations, dont la pêche est parfois la seule ressource pour vivre, les quotas ou les mesures de conservation des océans sont souvent perçus comme une menace. La pauvreté et la faim favorisent alors le statu quo.

Vingt-cinq pour cent des stocks de poissons de mer restent peu exploités, observe la FAO, alors que 65% ont atteint leurs limites maximales. Quant aux stocks épuisés, ils constituent 10% du niveau mondial. Les solutions au cas par cas pour préserver les océans sont vouées à l'échec, tant qu'elles ne seront pas soutenues par des mesures de lutte contre la pauvreté, a insisté l'expert des pêches de la FAO. Il rappelle aussi que 842 millions de personnes dans le monde n'ont pas encore assez à manger chaque jour. Le Congrès mondial des pêches s'est terminé hier, il aura rassemblé 1 500 délégués de 80 pays du 2 au 6 mai.
 

Isabelle Masingue