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Michael Dyck, de l'Université Laval, manipule des gènes de souris pour que ces dernières produisent davantage de facteur de croissance IGF-I (insulin-like growth factor I). Le chercheur s'attend à ce que la surexpression de ce facteur permette, entre autres, d'augmenter du nombre de petits par portée.

Des techniques similaires ont permis de générer des chèvres, des brebis et des vaches qui synthétisent des protéines humaines dans leur lait. De son côté, une compagnie américaine « fabrique » des porcs transgéniques produisant dans leur sang de l'hémoglobine humaine.

Dans un avenir rapproché, le porc transgénique pourrait devenir un donneur d'organes pour l'humain. Pour l'instant, on en est encore à l'étape de la mise au point d'animaux trangéniques par élevage. Le truc: « humaniser » les protéines de surface de l'organe porcin - qui signalent au corps humain que le coeur ou le foie du porc est un corps étranger - afin de prévenir les rejets. « Les scientifiques procéderont bientôt à des essais sur les primates », affirme Pierre Gendron, du Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal.

Le philosophe estime que de telles pratiques soulèveront des problèmes éthiques. D'abord, puisque les primates sont souvent issus d'espèces menacées, il est délicat de les utiliser comme cobayes. Il faut aussi prévoir l'émergence de problèmes de santé publique. «Pour prévenir les transmission d'agents pathogènes du porc à l'humain, il faudra mettre au point des méthodes de suivi, de dépistage et d'intervention. Et puis, porter un coeur de porc: est-ce que les gens vont accepter ça? Le coeur est associé à une puissante symbolique, alors que le porc est considéré comme un animal impur dans plusieurs religions... »

La vitesse du développement scientifique est de loin supérieure à celle de la réflexion qui devrait normalement l'accompagner. Un groupe de chercheurs, de théologiens, de philosophes et de juristes ont tenté cette semaine de diminuer l'écart.


 

Anne-Marie Simard